Le livret de famille allemand expliqué

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Si vous avez des ancêtres allemands, vous avez peut-être hérité d’un petit livre relié à la couverture dorée, rempli d’actes, de cachets et d’une écriture ancienne. C’est un Familienstammbuch, l’équivalent allemand du livret de famille. Pour quiconque recherche ses racines allemandes, c’est souvent le meilleur point de départ, car il réunit les actes officiels de plusieurs générations. Cet article explique ce qu’il contient, comment le lire, quels mots allemands vous rencontrerez et comment demander des actes en Allemagne.

Qu’est-ce que le Familienstammbuch ?

Le Familienstammbuch est un recueil des actes d’état civil d’une famille. Il est né avec l’état civil allemand (Standesamt), en place dans tout l’Empire allemand depuis 1876. Traditionnellement, le couple le reçoit lors du mariage civil, puis on y ajoute au fil des années les actes de naissance des enfants et, plus tard, les actes de décès.

Aujourd’hui, il est facultatif. Beaucoup d’offices d’état civil le proposent au mariage, mais on peut aussi l’acheter dans le commerce ou s’en passer. Le livre lui-même n’est pas un document officiel : ce sont les actes qu’il contient qui le sont. Il ne faut pas le confondre avec le Familienbuch, un registre que l’état civil allemand tenait lui-même et qui a été remplacé par le registre des mariages au 1er janvier 2009.

Comparaison avec le livret de famille français et suisse

En France, le livret de famille est un document officiel : il est délivré par l’officier de l’état civil lors du mariage ou à la naissance du premier enfant, et c’est lui qui le met à jour. Le Familienstammbuch allemand, au contraire, n’est qu’un classeur pour des actes séparés. En Suisse, le livret de famille (Familienbüchlein) n’est plus délivré : l’état civil établit à la place, sur demande, un certificat de famille (Familienausweis). Dans les trois pays, le principe reste le même : un document qui regroupe le mariage d’un couple et les naissances de ses enfants, idéal pour démarrer une recherche.

Ce que vous y trouverez

  • Le mariage : un acte de mariage ou, dans les livres anciens, une inscription remplie et scellée par l’officier d’état civil, avec les noms, dates et lieux de naissance des deux époux.
  • Les naissances des enfants : actes de naissance ou pages préimprimées sur lesquelles l’état civil a inscrit chaque enfant.
  • Les décès du couple et des enfants, parfois une mention de divorce.
  • Des mentions religieuses dans beaucoup de livres anciens : mariage religieux, baptêmes, confirmation ou première communion, inscrits et tamponnés par la paroisse.
  • Dans certaines éditions, des pages pour les ancêtres des époux, un petit arbre d’ascendance ou de la place pour des notes.

Petit lexique allemand

  • Standesamt – office d’état civil ; Standesbeamter – officier d’état civil
  • Eheschließung, Heirat – mariage ; Eheurkunde – acte de mariage
  • Geburt – naissance ; Geburtsurkunde – acte de naissance
  • Sterbefall – décès ; Sterbeurkunde – acte de décès
  • geb. (geboren) – né(e) ; devant un nom : née, « Anna Müller geb. Schmidt »
  • ledig – célibataire ; verh. – marié(e) ; verw. – veuf, veuve ; gesch. – divorcé(e)
  • ev. – protestant ; kath. – catholique
  • Beruf – profession ; wohnhaft in – domicilié à
  • Taufe – baptême ; beglaubigte Abschrift – copie certifiée conforme ; Randvermerk – mention marginale
  • Signes : * naissance, ⚭ mariage, † décès

L’exploiter pour votre généalogie

Photographiez ou numérisez d’abord chaque page, même les pages vides, pour travailler à l’écran et ménager l’original. Reprenez ensuite chaque inscription : tous les prénoms tels qu’ils sont écrits, les femmes sous leur nom de naissance, et surtout les lieux de naissance, qui vous indiquent quel état civil ou quel registre paroissial détient la génération suivante. Les actes de mariage anciens nomment souvent les parents des deux époux : vous gagnez ainsi une génération d’un coup. La confession vous dit s’il faut chercher dans les registres protestants ou catholiques, et l’office d’état civil avec le numéro d’acte permet de demander l’inscription complète.

Reportez le tout dans un arbre d’ascendance en citant le livre comme source. Notre article Arbre d’ascendance et numérotation Sosa explique la numérotation, et nos arbres vierges gratuits comprennent une fiche familiale qui correspond exactement au contenu d’un Familienstammbuch : un couple et ses enfants.

Demander des actes en Allemagne

Si le livre a disparu ou qu’un acte manque, adressez-vous au Standesamt de la commune où l’événement a eu lieu : la naissance au lieu de naissance, le mariage là où il a été célébré, le décès au lieu du décès. Les actes sont délivrés en principe à la personne concernée, au conjoint et aux parents en ligne directe, contre paiement d’une taxe. L’état civil conserve les registres des naissances pendant 110 ans, ceux des mariages pendant 80 ans et ceux des décès pendant 30 ans ; ils passent ensuite en général aux archives municipales, où ils sont accessibles aux chercheurs. Pour les anciens territoires allemands de l’Est, le Standesamt I de Berlin conserve une partie des registres subsistants ; beaucoup d’autres se trouvent dans des archives polonaises ou russes.

Documents plus anciens : Ahnenpass et registres de famille

Certaines familles ont aussi gardé un Ahnenpass des années 1930 ou 1940. Sous le régime nazi, il servait à prouver une prétendue « ascendance aryenne », par exemple pour les fonctionnaires ou avant un mariage. Il reste utile en généalogie, car il énumère parents, grands-parents et souvent davantage, avec des données tirées de l’état civil et des registres paroissiaux ; vérifiez-les dans les sources originales. Avant l’état civil, les paroisses tenaient les registres. Certaines régions ont en plus des registres de famille (Familienregister) résumant une famille entière sur une page, surtout dans les paroisses protestantes du Wurtemberg à partir du début du XIXe siècle. Pour de nombreux villages, des chercheurs ont compilé des Ortsfamilienbücher, qui rassemblent toutes les familles d’une paroisse.

Lire l’écriture allemande ancienne

Les inscriptions manuscrites des livres anciens sont souvent en Kurrent, l’écriture cursive allemande en usage jusqu’au XXe siècle, ou en Sütterlin, une forme simplifiée enseignée à l’école de 1915 à 1941. Les parties imprimées sont généralement en Fraktur. Les tableaux d’alphabet aident, tout comme une astuce simple : comparer une lettre douteuse avec des mots du même document que vous savez déjà lire, comme les intitulés imprimés.

Du livret au poster

Un Familienstammbuch couvre en général deux générations, avec un peu de chance trois. Notre guide Faire son arbre généalogique pas à pas vous montre comment continuer. Et si vous souhaitez accrocher votre famille au mur, vous pouvez créer chez nous un poster d’arbre généalogique à partir d’un fichier GEDCOM ou dans l’assistant en ligne, avec un aperçu avant la commande. Créer votre poster.

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